Une enfance dans l'Indre

Une jeunesse berrichonne :

Pierre Pouchairet a passé toute sa jeunesse dans le Berry, ses parents tenaient une station-service à Saint-Marcel (Indre). Il a été collégien à Argenton-sur-Creuse d’abord, puis lycéen à Châteauroux au lycée Pierre et Marie Curie.

Inscrit à l’université de Tours, il était en même temps pion (maitre d’internat) au lycée technique de Châteauroux. Marié, à moins de vingt ans, père d’une petite Jessica, il met fin à ses études universitaires en seconde année d’AES pour intégrer l’école des inspecteurs de police de Cannes Écluse, d’où il est sorti en septembre 1981 pour être affecté au siège de la Police Judiciaire (P.J.) de Versailles.

La PJ :

Durant les six années passées au sein de la brigade criminelle de ce service prestigieux, issu de la première brigade mobile créée par Clemenceau (les Brigades du Tigre), Pierre Pouchairet a participé à de nombreuses enquêtes criminelles ayant défrayé la chronique, dont notamment l’enquête sur la mort du Général Audran, tué par les membres d’Action directe.

En 1987, après son divorce, il décide de changer d’environnement et se retrouve à l’antenne de Nice de la P.J. de Marseille. Il y reste jusqu’en 1998 et évolue durant ces onze années au sein d’un groupe en charge de la lutte contre le trafic de drogue. Il devient chef de groupe en 1991, avant de passer capitaine de police.

Cette époque est celle qui a le plus marqué sa vie professionnelle. Celle où il a fait ce qui ressemble le plus au travail de flic tel que le commun des mortels peut l’imaginer. La Côte d’Azur est un paradis pour un jeune flic qui aime son boulot… Au programme : les plus beaux voyous de France, des règlements de comptes, des trafics de toute sorte, et tout cela au bord de la mer et sous le soleil.

Une ambiance bien particulière : tout le monde se connaît, flics et voyous boivent des verres ensemble le soir dans les boîtes de nuit du port, et le matin chacun reprend ses activités… Jusqu’à ce que le voyou finisse en garde à vue dans le bureau du flic. De beaux duels qui se gèrent encore à l’ancienne. Des histoires où le respect n’est pas un vain mot.

À côté de ces affaires « à l’ancienne », il y a aussi toute une criminalité en pleine évolution : les trafics de cités, les clandestins rackettés par des dealers professionnels qui les obligent à dealer pour eux, etc.

Une période active où le temps n’était pas compté, des centaines d’interpellations au compteur dont certaines mouvementées,  avec parfois des échanges de coups de feu. Des moments qui marquent, morts de voyous, collègues blessés, portes enfoncées, courses-poursuites…

Les brigades du Tigre

Beyrouth

Première expatriation :

En 1998, il est capitaine et Gilles Leclair, ancien chef de la criminelle de Versailles, devenu directeur de l’Office des stups, lui propose de représenter son service, à Beyrouth au Liban, en tant qu’officier de liaison. Pierre Pouchairet passe trois ans dans ce pays à travailler en amont sur les trafics de drogue à destination de la France. Sa compétence régionale s’étend en Syrie et en Jordanie. Il passe une grande partie de son temps à voyager dans ces pays pour travailler avec les services de sécurité locaux.

Puis en 2001 et jusqu’en 2004, c’est en Turquie qu’il continue de représenter la Police Judiciaire française.

Retour en PJ :

En 2004, de retour en France,  Pierre Pouchairet passe commandant et devient chef de la section criminelle de l’antenne de Grenoble. Une période où il travaillera entre autre sur un trafic international de stups entre le Maroc et la France et l’arrestation de plusieurs voyous du milieu grenoblois. Cependant, malgré ces belles affaires, il ne retrouve plus l’ambiance qu’il a connue à Nice.

En mars 2006, il est appelé par la Direction de la Coopération internationale pour représenter la police française à Kaboul. Un challenge qu’il accepte sans hésitation et une décision qu’il ne regrettera pas. Plus tard, elle lui apparaîtra même comme un coup de chance, puisque son remplaçant à Grenoble se retrouvera impliqué dans l’Affaire Neyret ; un commissaire qu’il connaissait particulièrement bien et avec lequel il aurait, sans aucun doute, travaillé en toute confiance, pour un même résultat.

L’Afghanistan :

Pendant plus de quatre ans, c’est en tant qu’attaché de sécurité intérieure (policier avec un statut diplomatique, chargé de conseiller l’ambassadeur sur les relations avec les services de sécurité locaux et l’évolution des menaces, mais aussi d’entretenir des contacts avec les représentants de polices internationales) qu’il est posté à Kaboul.

Sa mission est double.

La coopération technique : participer à la réforme de la police afghane, à la mise en place de programmes de formation et d’aides matérielles (cela va de la création du laboratoire de police scientifique de Kaboul, de l’extension de l’académie de police antidrogue, jusqu’à l’achat de chaussettes pour les policiers afghans…).

La coopération opérationnelle : travailler sur les trafics de drogue, le terrorisme et notamment les enlèvements dont sont victimes les Français. Bien que les services extérieurs soient maîtres d’œuvre, il participe à la collecte d’informations qu’il leur communique et sera plus particulièrement impliqué sur l’enlèvement d’un Franco-afghan ainsi que d’un Colombien travaillant pour une ONG française.

Durant cette période il entretient des liens étroits avec de nombreux Afghans et sera le spectateur de la dégradation de la sécurité à Kaboul. Témoin de nombreux attentats perpétrés dans la ville il découvrira le corps d’un Français assassiné dans un hôtel.

Des drames, mais aussi des événements plus heureux puisque c’est durant cette époque qu’il rencontre sa future épouse Kristell, qui travaille au centre culturel français.

À leur départ en 2010, Kristell est nommée directrice du centre culturel français de Naplouse en Cisjordanie (Territoires occupés) et lui à Almaty où il est en charge de la coopération policière pour l’ensemble des pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan et Kirghizistan).

En 2012, ayant la possibilité de solliciter sa mise en retraite il demande à bénéficier de ses droits pour rejoindre sa femme.

Écrivain en Palestine :

La retraite lui donne le temps d’écrire. Il commence par un livre témoignage, DES FLICS FRANÇAIS A KABOUL, dans lequel il relate son temps passé en Afghanistan. Puis un premier polar très autobiographique COKE D’AZUR (épuisé). Cela lui donne envie de s’essayer au polar. Et c’est ainsi qu’il signe chez Jigal un premier roman UNE TERRE PAS SI SAINTE dont l’action se passe en grande partie en Palestine occupée, puis LA FILIERE AFGHANE où il est fait une part belle à ses souvenirs afghans. Des écrits où réalité et fiction s’entremêlent.

Retour en France :

Septembre 2015 marque le retour en France et c’est entre la rénovation d’une maison en Bretagne et les divers salons où il est invité qu’il trouve le temps d’écrire le Prix du Quai des Orfèvres 2017 : Mortels trafics. La remise marque les 70 ans du Prix, il est décerné le 15 novembre 2016 à la Préfecture de Police de Paris au 36 Quai des Orfèvres, en présence de la marraine officielle, Alice Taglioni., mais aussi d’Alain Delon et de Jean-Paul Belmondo, deux anciens parrains4.

Écriture à quatre mains  :

Dans la foulée, l’auteur s’associe à un banquier international connu sous le pseudonyme de L.Gordon, pour écrire « La prophétie de Langley », un polar qui imagine les réactions des milieux financiers face à une menace terroriste sur des valeurs énergétiques. Le roman voit apparaitre pour la première fois Johana, une commandant de police de la PJ Versailles et sera couronné par le prestigieux prix Michel Lebrun en décembre 2017.

En 2018 Sur une idée de l’ancien commandant de Police, Yves Saint-Martin, l’héroïne de La prophétie reprend du service et les deux policiers écrivent un nouveau polar sur fond de menace terroriste portant sur les réserves d’eau de la région parisienne « Mort en eaux grises ». Les droits d’auteur sont intégralement versés à Orpheopolis, l’orphelinat mutualiste de la police nationale.

Aventures en Bretagne  :

D’une rencontre avec Jean Failler, le créateur du Polar breton, naît l’idée d’une série policière ayant pour cadre principal la Bretagne. C’est ainsi que sort en juin 2018 chez l’éditeur Palémon, Haines, le premier volume d’une série mettant en scène un groupe de trois rockeuses quadras célibataires.

La série marque le retour de Léanne Vallauri,( la personnage principale de Mortels Trafics), devenue chef de la P.J. de Brest, où elle retrouve deux amies de jeunesse : Élodie, devenue médecin légiste et Vanessa, psychologue judiciaire. D’autres aventures suivront : La cage de l’albatros, L’assassin qui aimait Paul Bloas, Avec le chat pour témoin.

L’actualité en toile de fond  :

La série bretonne, n’empêche pas l’auteur de poursuivre l’écriture de romans ancrés dans l’actualité, c’est le cas de « Tuez les tous… mais pas ici » sorti chez Plon en mars 2018 qui évoque, sur un fond de machination d’état, le départ de jeunes attirés par les filières jihadistes et « Larmes de Fond » dont la sortie est prévue en mai 2020 aux éditions Filature(s)/Dargaud.